Gouvernance cyber IA : quand le risque cyber devient un risque de décision
Le message arrive un lundi matin :
« C’est moi. Urgent. Fais le virement maintenant. »
La voix est parfaite. Le ton est celui du dirigeant.
Et pendant quelques secondes, tout le monde y croit.
C’est ça, le basculement : avec l’IA, la cyber n’est plus seulement un sujet “IT”.
C’est un risque de gouvernance, parce qu’il touche directement :
-
la qualité des décisions,
-
la confiance,
-
la réputation,
-
et la continuité du business.
Pourquoi l’IA change la gouvernance du risque cyber
L’IA rend les attaques plus crédibles, plus rapides et plus difficiles à vérifier.
Les deepfakes et voix clonées peuvent reproduire un dirigeant.
Les contenus synthétiques peuvent manipuler une situation (preuves, documents, échanges).
Et certains usages IA peuvent exposer des informations sensibles sans intention malveillante : un prompt, un copier-coller, un partage trop large.
Résultat : une entreprise peut être “bien équipée” côté technique… et se retrouver vulnérable à cause d’un élément humain : une décision prise sous pression, sur une information fausse.
Ce que la gouvernance doit changer (sans transformer la cyber en usine à gaz)
1) IA et cyber ne doivent plus être traitées comme deux sujets séparés
L’IA n’est pas juste un sujet d’innovation.
La cyber n’est pas juste un sujet informatique.
Les deux convergent : on parle de risque métier, avec des impacts concrets sur la stratégie, l’opérationnel et la confiance.
2) Les dirigeants doivent piloter les usages, pas seulement les outils
La question clé n’est pas : “Avons-nous une bonne solution ?”
C’est : “Où l’IA intervient-elle dans nos processus critiques ?”
Parce que c’est là que le risque se matérialise :
-
quand l’IA touche des données sensibles,
-
quand l’IA influence une décision (finance, RH, achats, juridique, production),
-
quand l’IA ouvre une dépendance à un fournisseur ou à une API.
3) La responsabilité doit être claire
Dans beaucoup d’organisations, le risque est dilué :
“C’est un sujet IT.” / “C’est un sujet innovation.” / “C’est un sujet métier.”
La gouvernance évite ça en posant une règle simple :
-
les métiers portent l’usage et la valeur,
-
le RSSI/CISO porte l’évaluation et les contrôles de sécurité,
-
la direction arbitre et assume l’appétence au risque.
La vraie question à mettre sur la table en CA / COMEX / CODIR
Pas : “Êtes-vous prêts à déployer l’IA ?”
Mais :
“Sommes-nous prêts à décider et agir dans un monde où le vrai peut être falsifié, et où l’IA peut multiplier nos surfaces d’attaque ?”
Parce qu’à ce niveau, ce n’est plus un sujet technique.
C’est un sujet de leadership.



