Former les dirigeants à la cybersécurité : pourquoi la sensibilisation ne suffit plus
« Nous avons déjà sensibilisé les dirigeants à la cybersécurité. » Pourtant, une formation cybersécurité dirigeants va bien au-delà de la simple sensibilisation.
Cette phrase revient souvent. Presque systématiquement, même.
Et pourtant, dans beaucoup d’organisations, le risque cyber continue d’être perçu comme un sujet essentiellement technique. Non par désintérêt des dirigeants. Non plus par manque de maturité. Mais plutôt parce que, pendant des années, la cybersécurité a été présentée comme un domaine d’expertise réservé à quelques spécialistes davantage que comme un risque d’entreprise à piloter collectivement.
Or une crise cyber ne se limite jamais durablement à l’IT. Au contraire, elle finit presque toujours par toucher la continuité d’activité, les arbitrages, la coordination et parfois même la gouvernance de l’organisation.
La formation cybersécurité dirigeants répond précisément à cette évolution profonde. Désormais, il ne s’agit plus seulement de sensibiliser. Il s’agit aussi de préparer les organisations à décider collectivement face au risque cyber.
La sensibilisation cyber atteint aujourd’hui ses limites
Pendant longtemps, la sensibilisation cyber des dirigeants répondait à une logique relativement simple : expliquer les menaces, présenter les grandes typologies d’attaques, rappeler quelques bonnes pratiques et démontrer l’augmentation du risque.
Cette approche reste utile. En effet, elle permet de créer un premier niveau de compréhension et, parfois, une véritable prise de conscience.
Cependant, elle montre aujourd’hui ses limites.
Car comprendre qu’un ransomware existe ne prépare pas nécessairement un dirigeant à arbitrer lorsque l’activité ralentit, que les opérations deviennent incertaines ou que plusieurs fonctions clés attendent une décision immédiate.
À cet instant, les questions changent de nature.
Peut-on continuer à produire ?
Faut-il arrêter un service ?
Qui décide réellement ?
Quels impacts accepter temporairement ?
Comment coordonner les métiers, la communication, le juridique, les RH et l’IT ?
Autrement dit, le sujet quitte progressivement le terrain de la connaissance pour entrer dans celui du pilotage.
Et c’est souvent là qu’apparaît un angle mort discret mais profond. Beaucoup d’organisations pensent avoir préparé leurs dirigeants parce qu’elles les ont sensibilisés. Alors qu’en réalité, elles leur ont surtout transmis de l’information sans toujours transformer cette compréhension en capacité d’action.
Une crise cyber révèle souvent les zones floues de l’organisation
Une cyberattaque agit parfois comme un révélateur brutal des dépendances invisibles d’une entreprise.
En effet, les organisations découvrent alors que certains circuits de décision reposaient davantage sur des habitudes implicites que sur une préparation réellement partagée.
Ce qui semblait clair dans les organigrammes devient soudain plus fragile dans la réalité.
Qui arbitre une interruption d’activité ?
Qui assume la communication externe ?
À quel moment les métiers reprennent-ils la main ?
Quels fournisseurs deviennent critiques ?
Quels seuils de dégradation sont acceptables ?
Très vite, la crise dépasse le périmètre technique.
Elle devient alors une question de coordination.
D’ailleurs, dans plusieurs échanges menés avec des dirigeants ou des COMEX, une phrase revient régulièrement après les exercices de crise :
« Nous avions surtout préparé la réponse technique. Pas forcément la décision collective. »
Pourtant, cette nuance est essentielle.
Car la résilience d’une organisation ne repose pas uniquement sur sa capacité à protéger ses systèmes. Elle repose aussi sur sa capacité à maintenir une forme de lucidité collective lorsque l’incertitude augmente.
C’est précisément là que la préparation des dirigeants au risque cyber devient déterminante.
Les dirigeants n’ont pas besoin de devenir experts cyber
C’est probablement l’un des malentendus les plus fréquents.
Former des dirigeants à la cybersécurité ne consiste pas à transformer un COMEX en équipe technique. Ce n’est ni réaliste, ni souhaitable.
Un dirigeant n’a pas besoin de maîtriser le détail des architectures de sécurité ou le fonctionnement précis d’une attaque.
En revanche, il doit comprendre ce que le risque cyber peut provoquer sur l’activité réelle de l’entreprise.
Il doit également pouvoir percevoir les dépendances critiques, mesurer les conséquences d’un arrêt d’activité, comprendre les arbitrages possibles et identifier les responsabilités de décision lorsque la situation se dégrade.
Autrement dit, il ne s’agit pas de faire des dirigeants des experts cyber.
Il s’agit plutôt de leur permettre de piloter le risque cyber comme ils pilotent déjà les autres risques stratégiques de l’entreprise.
Ainsi, cette évolution explique pourquoi la formation cybersécurité dirigeants devient progressivement un sujet stratégique pour de nombreuses organisations.
Le sujet n’est donc plus seulement : « Comprennent-ils la menace ? »
La vraie question devient plutôt :
« Seraient-ils capables de décider collectivement sous contrainte ? »
Le risque cyber devient un sujet de gouvernance
Les évolutions réglementaires accélèrent fortement cette transformation.
Avec NIS2, DORA ou les recommandations portées notamment par l’ANSSI, les attentes changent progressivement de niveau.
Désormais, la cybersécurité ne concerne plus uniquement la protection technique des systèmes d’information. Elle devient également un sujet de gouvernance, de supervision et de continuité.
Cela modifie naturellement le regard porté sur le rôle des dirigeants.
Pendant longtemps, beaucoup de directions générales considéraient la cybersécurité comme un sujet qu’il fallait “laisser aux experts”.
Aujourd’hui, cette séparation devient plus difficile à maintenir.
Car lorsqu’une crise survient, les décisions attendues concernent rarement uniquement la technique. Elles touchent aussi la continuité d’activité, les priorités business, la communication, les responsabilités juridiques ou encore la coordination des métiers.
Dès lors, la question n’est plus seulement de savoir si l’entreprise est protégée.
La question devient aussi de savoir si elle est réellement préparée à décider collectivement lorsque la situation se dégrade.
Par conséquent, cette transformation explique également pourquoi la formation cyber COMEX devient aujourd’hui un véritable enjeu de résilience organisationnelle.
Le RSSI ne peut plus porter seul le sujet cyber
C’est un constat qui revient avec beaucoup de lucidité dans les échanges avec certains RSSI.
Le plus difficile n’est pas toujours la menace elle-même.
C’est parfois le fait de devoir continuellement traduire, expliquer, convaincre et réexpliquer encore.
Ainsi, dans certaines organisations, le RSSI devient progressivement à la fois expert, pédagogue, coordinateur et parfois même principal porteur du sujet cyber.
Cette situation crée souvent une fatigue discrète. Pas forcément spectaculaire. Plutôt une forme d’usure liée au sentiment de porter presque seul un sujet qui concerne pourtant toute l’organisation.
Or une entreprise devient réellement plus résiliente lorsque la compréhension du risque cesse d’être concentrée entre quelques mains.
Lorsque les métiers comprennent leurs dépendances.
Lorsque les dirigeants perçoivent leurs responsabilités.
Lorsque les arbitrages ont été anticipés.
Lorsque la coordination devient concrète.
C’est précisément ce que cherchent aujourd’hui les démarches de pilotage du risque cyber et les formations exécutives : transformer une compréhension théorique en capacité collective d’action.
Former les dirigeants, c’est préparer la décision collective
Les formations les plus utiles aujourd’hui ne sont pas nécessairement celles qui parlent le plus de technologie.
Au contraire, ce sont souvent celles qui permettent aux dirigeants de mieux comprendre leur propre organisation face à une situation dégradée.
Les dépendances.
Les zones floues.
Les arbitrages difficiles.
Les responsabilités implicites.
Les fragilités de coordination.
Autrement dit, la cybersécurité devient un révélateur de la maturité collective de l’organisation.
Chez ADHEL, c’est précisément cette logique qui guide les accompagnements réalisés auprès des dirigeants, COMEX et fonctions clés : faire du risque cyber un sujet compris, préparé et porté collectivement.
Parce qu’au fond, une organisation ne devient pas résiliente uniquement grâce à ses outils.
Elle devient résiliente lorsqu’elle est capable de comprendre ensemble… puis de décider ensemble.
Finalement, derrière la question de la formation cybersécurité dirigeants se joue en réalité la capacité collective d’une organisation à faire face à l’incertitude.
Pourquoi la sensibilisation cyber des dirigeants ne suffit-elle plus ?
Parce qu’elle transmet principalement de l’information. Or les dirigeants doivent désormais être capables d’arbitrer, coordonner et piloter l’organisation en situation dégradée.
Les dirigeants doivent-ils devenir experts en cybersécurité ?
Non. Leur rôle n’est pas technique. En revanche, ils doivent comprendre les impacts business, les responsabilités de gouvernance et les conséquences opérationnelles d’une crise cyber.
Pourquoi parle-t-on aujourd’hui de gouvernance cyber ?
Parce que les crises cyber impactent désormais directement la continuité d’activité, la prise de décision et la coordination de l’entreprise. Le sujet dépasse largement le seul périmètre IT.
Pourquoi le RSSI ne peut-il plus porter seul le risque cyber ?
Parce qu’une crise cyber touche l’ensemble de l’organisation : métiers, opérations, juridique, communication, RH et direction générale. La résilience devient nécessairement collective.
Quel est l’objectif d’une formation cyber pour dirigeants ?
Permettre aux dirigeants de mieux comprendre les impacts organisationnels du risque cyber afin de renforcer la capacité collective de décision, de coordination et de résilience.
Renforcer la relation cybersécurité / métiers : retour sur la 1ère masterclass Cybercoach (Le Monde Informatique)
Renforcer la relation cybersécurité / métiers : retour sur la 1ère masterclass Cybercoach (Le Monde Informatique)
La cybersécurité ne se gagne pas uniquement avec des outils. Elle se gagne surtout avec une relation de confiance, tout comme la relation cybersécurité / métiers peut renforcer la sécurité globale.
Et c’est exactement ce qui m’a marqué lors de la 1ère édition de la masterclass #Cybercoach / Le Monde Informatique, centrée sur une question simple… mais décisive : comment améliorer la relation cybersécurité / métiers au sein des organisations ?
Quels leviers d’actions pour renforcer la relation Cyber / Métiers (et Cyber / Comex) ?
Cette question — Quels leviers d’actions pour renforcer la relation Cyber / Métiers (et Cyber / Comex) ? — amène à repenser la relation cybersécurité / métiers, au-delà des outils, des processus et des exigences de conformité.
Parce que dans la réalité du terrain, la sécurité progresse vraiment quand la cybersécurité et les métiers arrivent à :
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mieux se comprendre,
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mieux s’aligner sur les priorités,
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et construire une confiance durable dans les décisions.
Une masterclass opérationnelle, animée par Olivier Corrédo
Anne Doré a eu le plaisir d’y participer, dans un format vivant et très opérationnel, animé par Olivier Corrédo. D’ailleurs, la relation cybersécurité / métiers a été au cœur de nombreux échanges tout au long de cet événement.
Ce type de session montre à quel point le sujet n’est pas “technique” : il est avant tout humain, organisationnel et stratégique, car il concerne directement la manière dont les organisations arbitrent, décident et avancent… sans s’exposer inutilement.
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🎥 Cybersécurité - Mobiliser la gouvernance avec ADHEL
Cybersécurité : mobiliser la gouvernance avec ADHEL
La cybersécurité n’est plus une affaire purement technique : c’est un enjeu de gouvernance, de responsabilité et de résilience. Dans le dernier épisode du podcast La Robe Numérique, Anne DORE, fondatrice d’ADHEL, partage son expertise et son expérience auprès des dirigeants et des conseils d’administration.
👉 Son message est clair : le cyber risk management doit devenir une priorité stratégique. Car face aux réglementations comme NIS2, DORA ou le RGPD, la question n’est plus si une attaque surviendra, mais quand. Et lorsque la crise éclate, la responsabilité incombe directement aux administrateurs.
Au micro, Anne DORE rappelle que la responsabilité légale des dirigeants en cybersécurité ne peut être déléguée aux équipes IT. Le comex et le conseil doivent s’impliquer, comprendre l’évaluation du risque cyber et piloter la stratégie de protection avec une vision claire des impacts financiers, juridiques et réputationnels.
🎯 La cybersécurité devient alors un levier de compétitivité :
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Construire une culture cyber solide, où chaque collaborateur est acteur.
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Développer une responsabilisation du Comex, capable d’anticiper plutôt que de subir.
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Mettre en place des exercices de cyber crisis management (tabletop exercise, plan de continuité, plan de reprise).
Cette approche permet non seulement de se conformer aux exigences réglementaires, mais surtout de renforcer la résilience et la confiance des clients, investisseurs et partenaires.
💡 Comme le souligne Anne DORE, il est temps de passer d’une vision défensive à une gouvernance mobilisée et proactive. La cybersécurité n’est pas un frein, mais une compétence à acquérir pour bâtir un leadership durable.
🎧 Découvrez l’épisode complet ici : Podcast La Robe Numérique – Anne DORE
🎥 Portrait Cyber | Anne Dore, fondatrice du cabinet de conseil ADHEL
Portrait Cyber Anne Doré : fondatrice d’ADHEL, elle s’impose comme une figure engagée de l’écosystème cyber français. Son parcours illustre une conviction forte : la cybersécurité ne se limite pas à la technique, elle touche aussi à la gouvernance, à la culture d’entreprise et à la diversité des profils.
Une approche humaine de la cybersécurité
Pour Anne Doré, la réussite d’une stratégie cyber repose sur la mobilisation de compétences variées. Les experts techniques jouent un rôle central, mais ils ne suffisent pas. Communication, pédagogie, stratégie et management sont autant de leviers pour renforcer la résilience des organisations. En s’engageant activement au Campus Cyber, elle défend une vision inclusive où chaque profil apporte une valeur ajoutée.
La matrice des compétences : un outil clé
Parmi ses réalisations marquantes, Anne Doré a contribué à la conception de la matrice des compétences en cybersécurité. Cet outil permet aux entreprises d’identifier les profils nécessaires à leur sécurité numérique et de valoriser leurs talents. Grâce à cette approche, la cybersécurité devient un projet collectif, porté autant par les experts que par les dirigeants et les communicants.
Un témoignage inspirant pour les dirigeants
Dans ce Portrait Cyber Anne Doré, elle partage aussi son regard sur les défis à venir. Les menaces évoluent rapidement et exigent une intégration de la cybersécurité au cœur de la stratégie des entreprises. Son parcours rappelle que la diversité et la gouvernance sont des facteurs clés de résilience.
Un témoignage inspirant pour celles et ceux qui souhaitent bâtir une cybersécurité inclusive et transformer ce défi en véritable atout stratégique.
https://www.youtube.com/watch?v=7-q2S4KbBqU
🎙️ Créer une culture de la cybersécurité au travail
🎙️ Parcours Cybersécurité ANDRH – Podcast avec Anne Doré
La cybersécurité n’est plus réservée aux experts techniques. Au contraire, elle devient une compétence clé de leadership et de gouvernance. Dans cet épisode du Parcours Cybersécurité ANDRH, Anne Doré, spécialiste reconnue, partage conseils pratiques et retours d’expérience. Ainsi, dirigeants et RH disposent de clés pour jouer un rôle actif dans la protection des organisations.
👉 Pourquoi est-ce essentiel aujourd’hui ?
D’abord, le risque cyber s’impose parmi les priorités des dirigeants, aux côtés du risque financier et réglementaire. Ensuite, avec RGPD, NIS2 et DORA, la responsabilité légale des administrateurs s’élargit. Par conséquent, ignorer ces enjeux expose l’entreprise à des sanctions, à des crises opérationnelles et à une perte durable de confiance.
🎧 Dans ce podcast, vous découvrirez :
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D’une part, les bases de la cybersécurité que tout dirigeant doit maîtriser.
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D’autre part, des méthodes pour intégrer la cyber risk governance dans les pratiques RH et managériales.
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En outre, l’importance du cyber awareness training pour bâtir une culture cyber solide.
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Enfin, des exemples concrets pour mobiliser le Comex et responsabiliser chaque collaborateur.
Former dirigeants et RH ne revient pas seulement à répondre à une obligation réglementaire. Au contraire, c’est renforcer la résilience de l’organisation, assurer la continuité d’activité et protéger sa réputation. De plus, c’est une manière efficace de préserver la confiance des clients et des partenaires.
✅ Finalement, la cybersécurité est une compétence à acquérir pour tous les leaders. Ce podcast constitue donc une porte d’entrée simple, concrète et inspirante.
🎙️ Écoutez l’épisode dès maintenant et engagez votre organisation vers une gouvernance cyber responsable.
Cybersécurité en entreprise : une responsabilité partagée
🎙️ Merci à Leslie Fornero de m'avoir convié à cet échange enrichissant sur l'importance de la cybersécurité comme une véritable opportunité stratégique ! En effet, la responsabilité de la cybersécurité doit être partagée.
Ensemble, nous avons exploré des thématiques essentielles pour mieux naviguer dans le monde complexe de la cybersécurité :
✅ Tout d’abord, la responsabilité collective de l’entreprise en cas d’incident, et pas seulement celle des RSSI, car la cybersécurité responsabilité partagée est cruciale.
✅ Ensuite, les défis propres aux PME comme aux grandes entreprises face aux menaces cyber.
✅ Par ailleurs, la sensibilisation des dirigeants afin d’intégrer la cybersécurité aux décisions stratégiques.
✅ Enfin, la capacité à transformer la cybersécurité en une opportunité plutôt qu’en une contrainte.
➡️ Un grand merci à Leslie de m’avoir convié à cet échange enrichissant !
Ainsi, j’ai eu l’occasion d’y partager une vision positive et pragmatique de la cybersécurité 💻🔒 — oui, c’est possible ! — afin d’aider à mieux comprendre et anticiper les risques dans une optique de cybersécurité responsabilité partagée.
🙏 Merci encore à Leslie pour cette collaboration et cette belle opportunité 🚀
👉 Écoutez dès maintenant pour découvrir des idées clés qui pourraient changer votre façon de voir la cybersécurité dans votre entreprise.
💬 Et vous, selon vous, quel rôle la cybersécurité doit-elle jouer dans la stratégie globale des entreprises pour assurer une cybersécurité responsabilité partagée ? J’ai hâte de lire vos points de vue






